Caractérisation des dynamisations de Cuivre et de Gelsemium sempervirens préparés de manière Homéopathique traditionnelle

Extrait

Le projet DYNHOM a pour but d’étudier la nature des médicaments homéopathiques que nous utilisons chaque jour dans nos cabinets médicaux. Les techniques les plus modernes ont été mises en oeuvre de manière systématique et complémentaire afin d’obtenir un faisceau cohérent d’informations sur nos remèdes. Sur base des connaissances homéopathiques étendues que nous avons de ces remèdes nous avons sélectionné comme références une souche métallique, le cuivre, et une plante Gelsemium sempervirens. De nos analyses nous pouvons déjà conclure que les remèdes homéopathiques ne sont pas « immatériels » mais que la très petite quantité de matière qu’ils contiennent ne permet de retenir l’hypothèse d’un effet moléculaire. Nous savons aussi que cette « matière » influence le comportement du solvant (RMN) mais pour répondre à la question de la spécificité de cette signature il faudra attendre les mesures encore en cours au moment de la mise sous presse de ce document. Au congrès national Espagnol de mai 2016 nous pourrons certainement répondre à cette question essentielle.

Mots clefs: Nanoparticules; Cuivre; Silice; Lactose; Homéopathie; Dynamisation, Spectrométrie de masse (SP-ICP-MS); Dynamic Light Scattering (DLS); Nanoparticle tracking analysis (NTA); Potentiel Zeta; Scanning electron microscopy with energy dispersive X-ray spectroscopy SEM/EDX; Résonnance magnétique nucléaire (RMN); Analyses électro-photonique (AEP); Chromatographie sensible (HPLC-UV).

Introduction

Des études récentes indiquent que les médicaments préparés selon la méthode homéopathique (HMs) contiennent des nanoparticules de la souche (NPs) [1-4], des silicates [3,5-6] et d’autres structures moins bien caractérisées. L’Homéopathie est un système médical utilisé dans le monde entier depuis plus de 200 ans. Un audit récent de la littérature en double-insu [7-8] confirme une fois de plus un possible effet spécifique des traitements homéopathiques unitaires. Néanmoins, les sceptiques persistent à dire que les HMs sont des placebos ne contenant aucun matériel actif [9].

Ce débat entre possibilité et évidence [10] ne peut trouver réponse que par la recherche fondamentale. Les sceptiques ne considèrent que les dilutions au-dessus du nombre d’Avogadro et ignorent le processus de fabrication spécifique qui est plus qu’une simple dilution. Pour les insolubles il y a plusieurs étapes de triturations dans le lactose avant les « dynamisations » dans le mélange ‘eau/alcool’ qui est d’emblée mis en oeuvre pour les substances solubles. Le processus de trituration est très bien défini dans la pharmacopée européenne (Ph-Eur 4.1.2), il est réalisé dans un mortier 100% porcelaine comme la spatule et le pilon. Le lactose est ajouté progressivement durant ce processus qui prendra bien une heure pleine avant de se terminer (trituration 1CH ou 2CH ou 3CH).

La dilution théorique 1C devrait contenir 1 part de la souche et 99 parts de lactose. Pour le matériel soluble, la dynamisation est réalisée dans un dynamiseur validé (contrôlé). La norme est de 100 chocs verticaux, calibrés, à chaque dilution. Le processus de dilution peut être d’une part de matière première pour 9 parts de solvant (dynamisation D ou X) ou 1 part de ce matériel pour 99 parts de solvant (dynamisation C). Les flacons répondent toujours aux normes internationales ISO-719, ISO4802-1, Ph-Eur 3.2.1. (verre pharmaceutique silicaté). Pour les dynamisations C on change de flacon à chaque étape. Pour une dilution théorique similaire une dynamisation K se réalise dans un flacon unique.

Des chercheurs en Nanotechnologie commencent à reconnaître un lien entre la méthode de préparation homéopathique traditionnelle et les nanotechnologies modernes de production de nanostructures à partir de matériel source insoluble [1-2,4]. Les méthodes d’identification utilisées par ces chercheurs étaient la microscopie électronique (TEM) et la spectrométrie de masse (ICP-AES). Ces auteurs ont identifié des particules métalliques « sources » irrégulières en concentration de l’ordre du pico-gramme/ml au nano-gramme/ml dans les plus hautes dynamisations homéopathiques pour 6 différents métaux (produits par des laboratoires homéopathiques) y compris le cuivre.

Le but de notre étude était donc au départ de répliquer ces résultats pour le cuivre. Les préparations ici n’étant plus industrielles mais fabriquées selon les bonnes pratiques pharmaceutiques (GPP) en pharmacie : dynamisations prévues pour le cuivre au départ = 4C, 5C, 6C, 7C, 30C and 200K versus les contrôles composés du solvant pur, du lactose dynamisé et du cuivre simplement dilué. D’emblée nous avons décidé aussi de vérifier les résultats de Prof. Demangeat qui avait distingué en analysant les temps de relaxation de l’eau (solvant) par RMN des différences entre les témoins et les solutions contenant soit un métal soit une plante. Ceci se faisant sur la série complète des dynamisations de 4CH à 30CH pour les matières insolubles au départ (cuivre) et 1CH à 30CH pour les matières solubles au départ (gelsemium). De plus nous voulions aussi vérifier par AEP si la signature lumineuse de la souche excitée électriquement pouvait confirmer ces résultats.

Matériel et Méthodes

Raisonnement: Pour le cuivre, prévoyant la nécessité de détecter de basses concentrations de nanoparticules (NPs) de diverses grandeurs, de propriété de surface et de composition [2] nous avons d’abord utilisé la spectrométrie de masse (ICP-MS) mais ne trouvant pas ces NPs nous nous sommes tournés vers les techniques laser « Dynamic Light Scattering » (DLS), potentiel Zeta, « nanoparticle tracking analysis » (NTA) [4] et finalement la microscopie électronique au laser et rayon X « scanning electron microscopy with energy dispersive X-ray spectroscopy » (SEM/EDX) avec comme but non seulement de photographier ces NPs mais aussi d’en déterminer la composition chimique. Pour le Gelsemium nous nous sommes adressés à la chromatographie sensible aux ultra-violets (HPLC-UV). Ensuite la mesures des temps de relaxation de l’hydrogène excité par RMN et l’AEP ont été appliquées aux deux souches afin de les comparer entre-elles.

Nous avons choisi le cuivre comme première souche car elle a déjà été étudiée par d’autres auteurs [1], le rôle du cuivre sur l’oxydation du cytochrome « C » est bien connu au niveau de la mitochondrie [11], et il existe une importante liste de publications sur ce remède homéopathique y compris une étude incontournable contrôlée versus placebo [12-27]. Pour le Gelsemium on en connait aussi le
mécanisme d’action à un niveau génétique par les études « micro-arrays » déjà publiées et qui confirment les symptômes des matières médicales et des pathogénésies.

Manufacture Homéopathique des Médicaments

Les médicaments et leurs contrôles ont été préparés en pharmacie spécialisée en homéopathie (Delvenne), le laboratoire est protégé par 2 flux luminaires validés (ISO 5) (B75/180). Pendant nos préparations aucune autre activité n’avait lieu dans ce laboratoire. Notre pharmacienne a suivi la pharmacopée Européenne qui décrit précisément le processus de fabrication traditionnel. Les triturations furent manuelles et suivirent les règles et contrôles standardisés de la bonne pratique pharmaceutique (GPP).

Chaque flacon est étiqueté avec le nom du produit, le niveau de dilution ou de dynamisation, le numéro du lot et le nom du pharmacien. Avant toute autre préparation, le flacon est occulté et protégé par une feuille d’aluminium.

Randomisation et tests à l’aveugle

Pour les petites séries chaque flacon étant protégé par une feuille d’aluminium. L’auteur (MVW) apporte les échantillons au laboratoire sans enlever l’occultage des étiquettes et les présente dans un ordre aléatoire à l’analyse. Après mesures on enlève la feuille d’aluminium pour identifier l’échantillon. Pour les grandes séries ont a utilisé des tubes numérotés de manière aléatoire par un programme informatique. Le décodage ne se faisant alors que lorsque toutes les mesures ont été prises et envoyées au secrétariat.

Spectrométrie de masse: Single Particle-Inductively coupled plasma-mass spectrometry (SP-ICP-MS)

Cette technique spectrométrique a été choisie pour son extrême sensibilité. Elle a été officiellement introduite en Belgique dans le cadre du projet d’étude des risques des nanoparticules : Nanorisk (RT 10/05 SPF public health authorities, food chain and environment safety) et a été réalisée par la société CODA-CERVA (Veterinary and Agrochemical Research Centre) qui est un établissement de recherche scientifique fédéral.

Dynamic Light Scattering (DLS)

Ces mesures ont été réalisées par la société « SYSMEX Company » (Etten-Leur The Netherlands) importatrice des instruments « Malvern Instruments© » en Europe. On y a utilisé le “Malvern Zetasizer Nano ZSP (DLS)” mais nous avons dû filtrer les échantillons (filtre de 0,1μm) avant les mesures car sans cette filtration complémentaire il n’est pas possible d’obtenir des résultats valables.

Zeta-Potential (ZP)

Avec le même “Malvern Zetasizer Nano ZSP” équipé d’une cellule spéciale on peut aussi mesurer les potentiels zêta des solutions. A l’opposé, ici si la solution est filtrée (0,1μm) il n’y a pas de résultat valide possible. Ainsi donc la présence d’autres particules que le cuivre (identifiées sous 100nm) jouent un rôle pour produire ces résultats significatifs.

Nanoparticle tracking analysis (NTA)

Cette technologie ne permet pas de détecter des particules plus petites que 20nm. Ainsi uniquement les préparations non filtrées ont donné des résultats significatifs. Les minuscules particules de cuivre (1,5nm) tombent donc en dehors de la sensibilité de cette technique.
Ici aussi les mesures ont été réalisée par la société SYSMEX qui a utilisé pour cela le “NanoSight Malvern instrument » et son software. Les analyses mathématiques ont été réalisées par l’auteur mais contrôlées par l’équipe de recherche et des experts externes.

Scanning electron microscopy with energy dispersive X-ray spectroscopy (SEM/EDX).

Nous avons eu accès au microscope électronique laser “Tabletop Microscope TM3030Plus of Hitachi » également à la société SYSMEX. En plus de la visualisation des particules, cet instrument permet la détermination semi-quantitative des atomes présents dans l’échantillon avec une limite de profondeur de 2 microns.

Notre but était donc de déterminer la nature exacte des particules découvertes avec le DLS and NTA. On travaille ici avec des échantillons secs produits par lyophilisation réalisée à l’UCL (Université Catholique de Louvain – Belgique) sous la responsabilité de Prof. Joëlle Leclercq, doyenne de la faculté de pharmacie. Pour cuprum metallicum 4C nous avons lyophilisé 400cc (20 flacons contenant chacun 20cc de la dynamisation). La raison d’utiliser 20 flacons au lieu d’une grande bouteille est d’avoir des échantillons complètement comparables (aussi pour les silicates) à ceux utilisés pour le DLS et NTA. Pour cuprum metallicum 30C et 200K, 200cc ont été suffisants pour produire du résidu sec en quantité suffisante. 200cc des contrôles cuivre simplement dilué et eau dynamisée 30C ont également été lyophilisés.

Ultra High Performance Liquid Chromatography coupled with UltraViolet (HPLC-UV).

Pour Gelsemium sempervirens, l’analyse progressive des dynamisations décimales successives est en cours de réalisation. Comme une plante contient de très nombreux composants (particules) différents nous suivrons le marqueur légal (pharmacopée) la gelsemine mais aussi la sempervirine. Nous comparerons ainsi les concentrations dans la série dynamisée à celles de la série simplement diluée (contrôle). Nous travaillons ici avec des dilutions décimales (D ou X).

Résonnance Magnétique Nucléaire (RMN)

Ici nous utilisons des séries complètes (1 ou 4CH à 30CH) numérotées de manière aléatoires des deux souches dynamisées comparées aux séries simplement diluées mais aussi à des séries de solvants (avec ou sans lactose). Les analyses sont terminées pour le cuivre mais pour Gelsemium et ses contrôles elles sont encore en cours à l’Université de Mons (Prof. Vanderelst). On mesure les temps de retour à leur état de relaxation (T1 et T2) des molécules d’eau après une stimulation par les protons émis par RMN ainsi que le rapport T1/T2. Chaque mesure est réalisée 3 fois de suite et on retiendra la moyenne comme valeur finale. Il faut environ 20 minutes pour une mesure, ceci explique donc qu’il faut plusieurs semaines avant d’obtenir les résultats. Les résultats ne sont pas encore tous disponibles au moment de cette mise sous presse mais le seront au moment de la conférence.

Analyse Electro-Photonique (AEP)

Par les mesures précédentes, nous avons obtenus des informations sur l’état particulaire de nos souches et par la RMN nous avons observé le comportement du solvant (eau). Il restait à analyser le comportement électronique de nos médicaments homéopathiques. Prof. Rey avait en effet pu observer par thermoluminescence que les plus hautes dynamisations pouvaient non seulement émettre la fréquence lumineuse de la souche mais aussi avec une intensité plus élevée que la souche concentrée. Cette technique est malheureusement compliquée à mettre en oeuvre et fort onéreuse. L’AEP est beaucoup plus simple à utiliser, il s’agit de stimuler électriquement une goutte (ou un granulé imprégné) de l’échantillon et de photographier la lumière émise lors du retour des électrons « excités » à leur état « normal ». Il faut cependant une caméra spéciale permettant d’enregistrer non seulement le spectre de la lumière visible mais aussi celui de l’ultra-violet car plus de 80% de la lumière émise par une souche est dans ce spectre lumineux. Nous avons pu réserver cette machine pendant une semaine (du 10 au 15 avril 2016) pour réaliser plus de 500 mesures (Electro-photonique ingénierie Gaillac- France) sous la supervision de Prof. Henry de l’Université de Strasbourg. Les résultats vous serons communiqués à la conférence mais ne sont pas disponibles au moment de la mise sous presse de ce document.

Résultats

Single Particle-Inductively coupled plasma-mass spectrometry (SP-ICP-MS)

Plusieurs tentatives de mesures de l’échantillon cuprum metallicum 4C n’ont pas permis de trouver les particules de cuivre pourtant certainement présentent à cette dynamisation. Le lactose n’était pas le problème, il a seulement augmenté l’intensité du signal ICP-MS et avec un standard de calibration ce problème a été facilement contourné. Le facteur limitant était simplement la dimension trop petite des particules de cuivre dans cet échantillon. La limite de détection de la SP-ICP-MS pour le cuivre est en effet 45nm (52nm for Cu2O), par DLS on a déjà pu constater que les particules dans cet échantillon sont de l’ordre de 1,5nm. Nous n’avons pas pu confirmer les résultats obtenus par d’autres équipes sur des produits industriels [1].

Dynamic Light Scattering (DLS)

Il n’y a pas de résultat significatif si l’échantillon n’est pas filtré au préalable avec un filtre de 100nm. Il n’y a pas de particules détectables dans le contrôle eau initial (A), ni dans les Cuprum metallicum 5C jusque 30C ainsi que dans le 200K, ni de même dans le contrôle Lactose dynamisé 5C jusque 30C et un autre échantillon d’eau pré- et post-filtrée (0,1μm) (contrôle B) tout comme dans le Cuprum metallicum 3 and 4C ab trituration 1C.
Par contre des particules ont été détectées dans le contrôle Lactose 4C, le Cuprum metallicum 4C, le cuivre simplement dilué à un niveau correspondant à 4C (10-8), Cuprum metallicum 2C ab trituration 1C et les granulés imprégnés avec Cuprum metallicum 4C.

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Michel Van Wassenhoven M.D.

Agence Fédérale des Médicaments et des Produits de Santé, Commission des médicaments Homéopathiques, Bruxelles, Belgique.


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